Mardi 28 avril 2009
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12:38
Serge Gainsbourg nous a quitté ! A froid comme ça, c'est moins émouvant
qu'au lendemain de la nouvelle et je sais bien qu'en général les hommages sont rendus dans la foulée du dernier soupir. Oui en général, mais voilà, mon trépassé à moi est passé de l'autre côté
avant que j'ai pu prendre la mesure du génie.
Je me rappelle l'année de sa mort, on est dans la voiture, sur la route des vacances avec mes parents. A la radio, on cause de l'affreux jojo, il est parti depuis
quelques mois, mais il fait toujours causer le zouave. On s'arrête pour soulager la nature comme dirait l'autre, et là, dans un champ au beau milieu des montagnes Pyrénéennes, je tombe nez à nez
avec un boitier de cassette de l'artiste. Elle est à moitié enterrée, brisée, maculée de terre. Je fais cette découverte accroupi, le froc baissé, l'image reste gravée. Toujours en position
basse, je gratte autour du trésor, le déterre et analyse l'objet. Je me rappelle aussi qu'il y avait des mûres dans les ronces à côté, mais ça c'est une autre histoire. Sur la couverture la tête
d'un vieux cocker clopant et ridé m'apparaît. A l'époque j'étais fasciné par la "Dance music", le poinçonneur et la javanaise sonnaient dans la radio du coiffeur, pas folichon en somme. J'ai
demandé à mes parents qui était cet illustre inconnu : "c'est celui dont on parle à la radio, il est mort en mars", reponse du bambin : "et c'est bien ? Sa musique ?" à quoi le père rétorque
aussi sec "non, j'aime pas ce gars." Et v'lan, dans les dents. J'ai pas approché le Serge avant plusieurs années. C'est con, on est influençable quand on est gamin.
Les années se sont écoulées, comme de la musique de merde dans mes oreilles adolescentes. Et puis, v'là t'y pas que je tombe sur une biographie dans les étagères
clairsemées de mon premier grand amour. Avec le recul je me dis que sans cet épisode, la belle aurait eu toutes les raisons de finir dans les limbes de l'oubli. Ceci dit, cet été là j'ai
rencontré Dieu. C'est comme cela qu'il s'est imposé à moi à la fin de la lecture. Un génie rebel, qui a su prendre une belle revanche sur la vie et qui malgré les coups est devenu champion du
monde par KO. Après tout ce temps j'ai toujours pas fait le tour de la planète Gainsbourg et de ses satellites Gainsbarriens. Merci vieux dégueulasse.
Par Anthony
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Publié dans : Chroniques
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Communauté : L'âme du poète
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