Samedi 2 mai 2009
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De l'autre côté de la vitre d'une petite maison sur le port, une femme allumait des bougies. Dans un coin de la pièce un nourrisson dormait à poings fermés. Sur la
table la jeune femme avait embrasée du charbon et y jetait des plantes, de l'encens et des larmes. Assise sur sa chaise, elle joignit les mains, ferma les yeux pour se concentrer sur
l'invocation. Dehors la nuit était calme, les bateaux étaient sortis depuis peu, ils reviendraient dans quatre ou cinq mois, si la mer la voulait bien. Dans les maisons voisines, les autres
femmes étaient seules avec la marmaille. Les jeunes garçons, gonflés d'orgueil étaient les maitres intérimaires des foyers, pourtant, dans la nuit ils dormaient à la manière des
enfants, roulés en boule sous les couvertures. Dans la maison aux bougies, la femme pleurait silencieusement, le sort était jeté, elle souffla les bougies, rassembla ses effets, s'attacha le bébé
sur le dos et sortit. Préférant quitter son village de nuit, elle s'éloignait lentement. Elle jeta un dernier regard en arrière vers ceux qui l'avait rejetée. L'ombre rancunière d'une femme
blessée s'évanouit dans la nuit.
Par Anthony
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Publié dans : Le bout du monde
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- Traces de passages -