Le bout du monde - 2 -

Publié le par Anthony

Terre ! 

Enfin il pu s'agripper au ponton, reprendre son souffle et se hisser douloureusement sur le bois humide. Enfin il pouvait relâcher ses efforts. Il ferma les yeux, le soleil cognait dur, pourtant il avait fait si noir. Si noir...

La mer était d'un noir d'encre. Une nuit sans lune, le ciel dégagé, un tapis d'étoile comme le plancher des vaches n'en connait pas.

Que c'était-il passé ? Un grain, un gros grain qui c'était invité pour la partie de pêche. Un sacrée grain qu'il avait dit le capitaine accroché à la barre. Tout le monde fut balayé à bord. Les vagues successives eurent raisons des marins aguérit. Et la Marquise se mis à geindre, à grincer, à craquer. Quand son mât s'effondra, les voiles qui n'avaient été ramenées  jetterent comme un linceul sur le reste de l'équipage. A cet instant le sort du rafiot était scellé. Les quelques âmes qui s'accrochaient à la vie profitaient d'un sursis pour prier. Expier, adresser un adieu, une minute pour chacun, une minute bien à soi. Le delai écoulé, un choc brutal vint rompre les messes et la coque de la Marquise. Le navire cessa d'exister en temps que tel dans une explosion d'eau, de bois et de chair. Les hommes et la Marquise volèrent et s'éparpillèrent dans l'océan glouton. Engloutis.

Pourquoi ne perdit t'il pas connaissance ? Il ne pensa pas, il ne pria pas, il se contenta de saisir un debris flottant. Il s'accrocha au vestige du morutier. Quand la tempête se calma il s'accrochait toujours, éveillé, vivant. Seul dans le desert nocture d'une mer apaisée. Le silence, la fatigue le firent planer dans les étoiles, bercé par la houle ronronnante. Il croyait dériver vers la mort, en réalité c'est vers un nouveau port que son embarcation de fortune le menait. La nuit s'éclaircissait sur l'horizon, plus au nord, une autre lumière. Une flaible lueur intermittente vers laquelle il semblait attiré.

Le froid lui endolorissait les jambes et le sommeil commençait à lui grappillé des secondes. Petit à petit. Chaque fois qu'il clignait des yeux la lumière se rapprochait. Elle révélait maintenant sa rotation rassurante. C'était un phare. A  mesure qu'il approchait porté par le courant, le jour se levait.

Maintenant il pouvait se reposer, les souvenirs ne s'envoleraient pas. Il allait dormir, et demain il penserait, il serait bien assez tôt pour penser. Maintenant il était l'heure de dormir. 

Publié dans Le bout du monde

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Charles 14/03/2009 19:14

Je parlais de la newsletter, non pas pour une vraie newsletter, mais parce que ça permet aussi de s'abonner aux articles.
Sinon, je trouve que ton texte est bien, il n'embrouille pas le lecteur (à mes yeux).
Il y a un contraste entre le début et la suite, je trouve ça plutôt intéressant!

Charles 09/03/2009 03:11

Arriveront-ils vivants au port!? Je l'ai cru à la première ligne, j'ai un doute maintenant que j'ai lu le reste!
je suis toujours là pour te lire ;)!
Tu devrais activer ta newsletter pour que l'on sache tout de suite quand tu publies ;)!
A+

Anthony 14/03/2009 18:57


Oui, après relecture je m'aperçoit que j'embrouille un peu le lecteur. J'vais essayer de remodeler.

pour la news letter, j'vais aussi m'y pencher dans un futur proche ;)